Ecrivain en herbe

Mon automne de 12 mois - 2 sur 2

Juillet :

Les premiers rendez-vous ne sont pas suivis d’une franche réussite. Il faut dire que le fait qu’il faille composer une annonce pour se présenter ne me rend pas super à l’aise. Et puis, cette histoire de « chat » etc.
Bref, je ne suis pas convaincu, mais il faut bien amortir ces 90€ !

Ma psychologue m’incite à profiter des vacances pour faire quelques rencontres, en plus de celles du site.
Hop, c’est d’une pierre, deux coups : je rencontre une jeune fille sur la plage, Elodie, avec laquelle j’ai discuté sur le site de rencontres.
Nos discussions sur internet n’étaient pas terribles, mais elle a l’air charmante. Donc, pourquoi ne pas nous laisser une chance.
Après quelques rencontres, tout se passe plutôt bien.
Pourtant, je ressens une réserve chez ma psychologue lorsque je lui raconte certains détails. Elle me conseille en tout cas de rester prudent.

 

Août :

Étonnamment je pense toujours à Séverine. Pourtant, Élodie est très gentille, et je sens qu’elle fait des efforts pour me plaire. Mais, c’est plus fort que moi, même si j’aimerais avancer dans notre relation, je n’arrive pas à sortir Séverine de ma tête.

Bon, avec Élodie, on décide de s’offrir un petit week-end en amoureux. Tout se passe bien, Prévoyant un petit programme bien sympathique, on pense que tout se passera bien.
Au retour, je suis un peu moins enthousiaste. Chez Elodie, j’ai constaté des sautes d’humeur, des changements de comportements, des réactions totalement exubérantes !
À partir de ce moment, j’ai commencé à voir tout ce qui n’allait pas.

Probablement que ma psychologue a mis le doigt sur une pathologie chez ma nouvelle conquête.
Elle m’avait mis sur les gardes, mais sans pour autant me dire de tout arrêter.

Plus le temps passe et moins je supporte ma nouvelle amie !

Cela fait sept mois que je n’ai plus de nouvelles de Séverine, et j’ai l’impression qu’elle me manque plus qu’au premier jour.

 

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Paul Verlaine (Chanson d’automne)

 

Septembre :

J’ai décidé de dire au revoir à Élodie. J’ai eu droit à des :
« Tu as joué un double jeu avec moi ! De toute manière, tu es cocu depuis un mois. Etc. »
Franchement, c’est triste… mais cela ne m’atteint pas !

C’est décidé, je ne cherche plus l’âme soeur ! Je suis las et déçu : soit j’attire des personnes qui ne me correspondent pas, soit c’est moi qui ne suis pas prêt. Donc, pour l’instant, on met en « stand-by » la recherche d’une relève à Séverine.

Je reçois un message d’un couple d’amis que nous avions en commun avec Séverine, composé d’une de ses copines. Nous avions l’habitude de les voir en couple quand nous étions ensemble.
Je ressens un stress lorsque cette amie me propose de venir dîner un soir chez eux pour voir leur nouvelle demeure.
À ce moment-là, imaginez tout ce qui se passe dans ma tête. Est-ce que ce ne serait pas un plan pour que je me retrouve nez à nez avec Séverine ? Finalement, c’est un peu grâce à elle que Séverine et moi avions fini par nous retrouver quelques années auparavant.

Je me prépare de mon mieux : j’étrenne une chemise neuve et un nouveau pantalon. Je passe beaucoup de temps dans la salle de bain pour paraître sous mon meilleur jour.
Ben oui, j’essaye de mettre toutes les chances de mon côté !

Grosse déception : non seulement Séverine n’était pas invitée. Mais, en plus, ils ont agi comme si elle n’avait jamais existé.
J’ai alors eu l’impression que Séverine venait de sortir de ma vie une nouvelle fois.

 

Octobre :

Je pense que ma psychologue s’inquiète pour moi, même si elle ne me le dit pas vraiment. Pour des raisons financières, j’ai espacé mes visites chez elle. Désormais, on se voit tous les quinze jours.
Je pense que mon moral va s’améliorer, mais je tiens à garder le contact avec Mme Leroy. Elle m’a redit que je n’avais toujours pas fait mon deuil.

Je me rends bien compte que, depuis janvier, je suis moins efficace dans mon travail. Ma manière de penser et mon comportement ont changé.
Est-ce toujours à cause de cette séparation d’avec Séverine ?
En tout cas, c’est ce que pense Mme Leroy : pour elle, je suis toujours en dépression.

J’ai revu des amis que je n’avais pas revus depuis longtemps ; ils me trouvent “fatigué”.

Depuis que je ne suis plus en recherche d’une nouvelle petite amie, ma vie est devenue plus calme. J’apprécie une certaine solitude, mais j’essaye de voir des amis chaque semaine. Cependant, même si je les apprécie, je sens aussi qu’un rien pourrait faire que je ne les contacte plus. Rien n’est comme avant, et parfois, cela me fait peur.
Constatant que je n’ai plus de contact avec Séverine depuis neuf mois, je réalise qu’on aurait pu concevoir un bébé durant cette période et qu’il aurait pu naître.
Même si je ne l’avais pas envisagé sérieusement avant, je me dis que j’aurais bien aimé avoir un enfant avec Séverine.

 

Novembre :

On prépare Noël. J’ai repris contact avec d’autres amis.
C’est agréable de fréquenter des personnes différentes. Par contre, je me rends compte que je porte un regard plus dur sur les gens autour de moi ; mon jugement est plus rapide et plus tranché.
Dès septembre, j’ai débuté de nouvelles activités. Je ne suis pas très assidu dans les deux clubs où je me suis inscrit, car j’apprécie aussi de rester au chaud chez moi. Cependant, cela me pousse à sortir et j’aime bien !

Au bureau, la période de Noël est importante ; j’ai donc pris la décision de passer plus de temps au boulot. Je n’ai pas l’impression d’avoir moins travaillé, mais mes résultats disent que je suis moins performant ! Il faut que je me ressaisisse !

J’ai également décidé de changer de numéro de téléphone, afin de ne pas garder l’espoir de recevoir un SMS de Séverine, qui me manque de plus en plus.

 

Décembre :

Ma psychologue me dit que je devrais peut-être profiter de Noël pour envoyer un message à Séverine.
Son conseil me surprend, alors que j’essaye de travailler sur mes sentiments. Si je fais ça, cela me fera encore plus de mal d’attendre une réponse… qui ne viendrait pas !
Mme Leroy estime que, justement, si je n’avais pas de réponse… ou une réponse qui me ferait du mal, cela m’aiderait à passer à autre chose ! Je lui demande alors pourquoi j’ai tant de mal à oublier Séverine. Sans être un “séducteur”, j’ai eu dans le passé plusieurs aventures qui n’ont jamais été aussi difficiles à oublier.
Après avoir vécu des histoires passionnées, j’ai pu passer plus facilement à autre chose.

Sa réponse m’a glacé le sang et tiré des larmes, mon coeur a fait un « salto » :
« Peut-être que cette fois vous étiez profondément amoureux. »

Imaginer lui envoyer un message ne m’a pas calmé du tout… Au contraire même.
Pour l’instant… j’ai décidé de ne rien faire !
Peut-être (même sûrement !) que Séverine a tourné la page. Il est hors de question de la ramener dans une relation qu’elle ne souhaite pas poursuivre !
Durant cette année, je n’ai pas vu le beau temps, je n’ai pas vu la nature refleurir, je n’ai vu que les feuilles des arbres tomber.
On dit parfois qu’ « il n’y a pas d’été ». Cette année, pour moi, il n’y a eu que l’automne.