Ecrivain en herbe

DEUX ANGES AUX PARADIS

Souvenir d’un soir de printemps. Nous étions en avril 1998, je vivais sur Nantes et j'étais célibataire. J'allais avoir 18 ans au mois de juin. Ma vie se résumait entre deux activités : le sport et les études. Les filles, ce n’était pas dans mes projets immédiats à l'époque. Former un couple, m’engager ou fonder une famille, cela ne m’intéressait pas. En plus, j’attendais mon intégration dans une école militaire donc les histoires d’amour allaient attendre. 

Une soirée était donnée chez une personne qui fêtait son anniversaire, enfin je devrais dire, chez une amie. Elle venait d’avoir 18 ans. Je me souviens comme si c’était hier. Je suis arrivée chez elle, il devait être 19 heures. Après avoir dit bonjour aux quelques personnes que je connaissais, je suis allé dans la salle à manger qui servait de piste de danse et de buffet. La table de buffet, je me souviens juste d’un grand saladier qui contenait du popcorn et de quelques gobelets en plastiques contenant des fonds de boissons alcoolisées. J'ai pris le saladier et je me suis dirigé vers le fond de la salle à manger qui contenait un canapé. J'ai évité quelques petits groupes de danseurs. Une fois assis confortablement et en mangeant le popcorn, je regardais un groupe de jeunes femmes danser juste devant moi à un mètre. Certaines étaient magnifiques. A l’âge que j’avais à l’époque, presque 18 ans, je ne pouvais pas rêver mieux que de manger du popcorn en regardant ses jolies jeunes corps se trémousser devant moi.…

Là, une des jeunes femmes me fit une remarque très pertinente. Elle m’accuse d’être un voyeur. Elle était la seule à avoir remarqué que je les regardais. Elle était la seule aussi à danser face à moi. Les autres étaient soit de côté soit de dos. Toutes les filles se sont retournées vers moi et elles ont rigolé. Puis, elles ont commencé à me taquiner. Elles me disaient que j'étais un voyeur et un pervers. Je prétexte que ce n’est pas de ma faute si elles dansaient juste devant moi. C’est vrai ! Faire quasiment une heure de route en transports en commun pour arriver chez Delphine, cela donne faim. Bon, chacun se fera sa propre idée. J’ajouterai quand même pour ma défense que ce soir là, je n’avais pas mangé avant de venir à cette soirée. Et puis, si elles ne sont pas contentes, qu’elles arrêtent de danser devant moi. Ce qu'elles n'ont pas fait d'ailleurs. Elles ont continué et moi aussi, j'ai continué à manger mon popcorn en regardant le spectacle. Mais là, Delphine est arrivée. Elle a été prévenue par celle qui a fait la première remarque. Elle m'a apporté un sandwich.

Puis, tout s’est accéléré. J'ai commencé à danser avec des amis dans cette même salle à manger. Cette même jeune femme est venue à plusieurs reprises me taquiner. Elle est venue danser près de nous avec des copine Elle m’a même poussé une fois. J’ai failli tomber au sol. A ce moment, j’ai prêté attention à elle. Elle était brune. Ses cheveux étaient ondulés et se terminaient en dessous de ses épaules. Elle portait des lunettes qui lui donnaient un air genre de première de la classe. Elle avait les joues légèrement rouges et elle avait un jolie sourire. Légèrement petite, elle a un corps plutôt agréable à regarder. J’ai continué à danser avec mes amis. Puis la personne qui s'occupait de la musique a mis un slow à sa demande et sans me demander, elle m'avait pris la main. On a commencé à danser ensemble. Les slows terminés, prétextant avoir chaud, je lui ai demandé si elle voulait qu’on sorte un peu dehors. Après une longue discussion devant la porte d’entrée de la maison de notre amie Delphine, je l’ai enfin embrassée. Voyant qu’on dérangeait des gens qui voulaient sortir et entrer, on s’est mis derrière une voiture. Il faisait plus sombre. J’ai dégusté ses premiers baisers. Ils avaient un léger goût de boissons alcoolisées. J’ai su plus tard qu’elle désirait, depuis le moment qu’elle m’a fait la remarque, que je fasse le premier pas. Elle me l'a dit qu'à la fin de la soirée que j'ai été long à comprendre. Après, ce petit moment intime, enfin une bonne heure après, on est entré dans la maison main dans la main, montrant ainsi à tout le monde notre union. Delphine , l’hôtesse de la soirée, était contente pour nous. Elle nous a servi un verre de rhum au jus d’orange. Enfin pour moi, elle m'a servi 95 % de rhum et 5 % de jus d’orange. Depuis cette soirée, je ne supporte plus cet alcool. Avant de se dire au revoir, nous avons échangé nos adresses et surtout notre numéro de téléphone.

On s’est revu le samedi après midi de la semaine qui a suivie dans le centre ville de Nantes, place du commerce. En grand courageux que je suis, un couple d’ami m’avait accompagné la première fois, de peur de ne pas pouvoir assurer mon rôle d’homme ou qu'elle ne vienne pas. On s'est promené dans un jardin public. On a passé notre début d'après midi à quatre. Une heure après le couple d'ami a prétexté un repas de famille pour nous laisser que tous les deux. On est resté dans le jardin public a se découvrir. On parlait de nous sans se lasser. On a passé un bon moment. Mais l’après midi s’est vite terminée à notre plus grand regret. Avant de partir, je lui ai demandé si on pouvait se revoir le lendemain matin pour qu’on puisse passer une journée entière ensemble. Elle a accepté. Et notre vie ensemble a ainsi débuté. A ce moment, je ne pensais pas à m'engager dans une relation. Je pensais juste au moment présent sans penser au lendemain ni où cette relation allait me mener.

Premier dimanche ensemble et premier pique-nique. On est allé sur le bord de l'Erdre à Orvault manger. Elle m'avait dit de ne rien prendre et qu'elle allait s'occuper de tout. Je suis arrivé devant chez elle. Elle habitait une grande maison composé d'un rez de chaussé et d'un étage. Je suis arrivé devant la porte. Elle était en verre et devant, en protection, il il avait des barreaux en fer forgé formant des motifs. J'ai un peu le tract. J'ai frappé. Je me doutais qu'un des ses parents allaient ouvrir. A mon plus grand étonnement, c'était elle qui à ouvert la porte. Elle était seule. Sa famille était partie à la plage. Elle est restée là pour moi. Elle a préféré un pique-nique avec moi que de passer une journée au bord de la mer avec sa famille. Je me suis senti gêné dans un premier temps, puis honoré. On est parti à pied. On a marché une bonne demi heure avant de trouver le coin parfait. Un arbre venait faire de l'ombre juste au bord de la petite rivière. On s'est assis sur un vieux drap qu'elle avait pris soin de prendre avant de partir. On a passé la matinée à parler. Plus qu'elle me racontait ce qu'elle aimait, ce qu'elle faisait, plus je l'appréciais. L'heure du repas est arrivée assez vite. Elle m'a fait une belle surprise. Elle avait préparé une salade froide et en dessert un gâteau yaourt fait maison par elle même. Elle a fait tout ses petits plats juste pour moi. Je commençais à comprendre qu'elle était attentionnée et gentille. Cela faisait une semaine que nous étions ensemble et elle me surprenait déjà. L'après midi fut plus paisible . On s'est allongé sur le drap et on a profité de la fraîcheur du cours d'eau. La journée s'était malheureusement vite terminé. Je trouvais que les jours les plus long de l'année étaient encore bien trop court. Je suis rentré chez mes parents avec les souvenirs de la journée et la tristesse de l'avoir laissée chez elle.

Les jours et les semaines passèrent. Entre les pique-niques sur le bord de l’Erdre à Orvault et les après midi à s’enlacer dans sa chambre, nos journées étaient bien chargées. J'ai fait la rencontre avec ses parents. Son père était ingénieur et sa mère était au foyer. Sa mère est gentille tout comme sa fille. Souriante et très ouverte mais son père est plutôt froids et il est difficile d'avoir une conversation avec lui. Mais cela ne m'empêchait pas de venir aussi souvent que je le pouvais pour faire nos petites activités. Un jour, on s'était fait même surprendre par sa maman sans nos pantalons ni haut. Mais à aucun moment, nos sous vêtements nous ont quitté. Elle s'est senti gênée et nous aussi. Je suis parti peu de temps après cet événement. On s'est revu le lendemain et elle avait expliqué à sa mère ce que nous faisions et ce qu'il s'était passé. Sa famille étant catholique pratiquant, il était inconvenable qu'elle perde sa virginité avant le mariage.

Les jours passèrent et cet événement fut vite oublié. Un jeune couple rempli d’espoir venait de naître. Nous voulions juste notre bonheur sans grande prétention. On a fait plusieurs week-ends avec des amis sans qu’aucune pensée impure ne soit venue troubler notre conte de fée. Comme je n’avais pas encore mon permis de conduire, elle conduisait. Elle venait souvent me chercher avec le kangoo de ses parents. Elle m’a même emmené jusqu’à Pénestin. J'ai rencontré pour la première fois ces amis. J'ai passé une sorte de test que j'ai du réussir avec brio, enfin je crois. On a passé un bon week-end où j’ai pu connaître ses talents de cuisinières. Elle nous a fait un bon petit caramel avec de l'eau et du sucre. En parlant de ses talents de cuisinières, il est vrai qu'elle préparait nos pique-niques et je me suis toujours régalé. Entre les salades froides et les desserts qu'elle préparait elle même, j'avais le plaisir de manger des bons gâteaux fait avec amour. Elle a toujours été douée pour cuisiner n’importe quelles recettes. Elle était un vrai cordon bleu. Les soirées avec ses amis m'ont changé. On faisait des jeux de cartes hors du commun. Cela me changeait des soirées avec les miens. Les deux sortes de soirées sont aussi agréables les unes que les autres. J'ai juste été surpris la première fois. En repartant de Pénestin, elle conduisait la voiture de ses parents. Elle a pris un virage un peu rapidement mais sans avoir la prétention de le faire. La voiture a légèrement glissé sur les graviers qu'il y avait dans ce virage. Elle a eu peur. Le reste de retour, elle a passé son temps à s'excuser. Je ne lui en voulait pas. Elle a été surprise par les gravillons sur la chaussée. Ce n'était pas de sa faute.

Un jour, début juin, elle m’a emmené en week-end à Pornichet. Pour la première fois, on s'est retrouvé dans l’appartement familial des vacances de ses parents. Il y a deux chambres, une salle de bain avec une baignoire, des toilettes, un salon et une kitchenette. Elle m’a gardé le meilleur pour la fin, un balcon d’où on pouvait voir la plage et la mer. Ils se trouvaient à 20 mètres. On a passé la journée sur la plage. Elle portait son petit maillot de bain noir deux pièces qui mettaient son corps tout blanc en valeur. Je me suis empressé de lui mettre de la crème solaire pour la protéger du soleil et, surtout, pour caresser sa peau si douce. Le soir venu, après notre dîner en amoureux, on est allé au casino de Pornichet. Ensuite, on a marché sur le bord de mer. On s’est dirigé vers le port. Je pensais qu’on allait voir des bateaux. Je ne savais pas pourquoi mais elle m'a demandé de l'attendre ici, sur le bord de mer, assit sur le banc. Elle m’avait dit de l'attendre les yeux fermés. J'ai joué le jeu. J'ai du avoir l'air stupide d'avoir les yeux fermés devant les passants mais le ridicule ne tue pas. Elle est revenue et m’a fait peur. Elle est revenue si discrètement. J’avais les yeux fermés donc c’était facile de me surprendre. Elle a fait le coups qu'elle a surnommé la pince du crabe. Elle a mis ses mains des deux côtés de mes hanches et elle a appuyé dessus. Cela a provoqué des chatouilles mais surtout un énorme sursaut de ma part. Je lui ai demandé pourquoi elle a été si longue si c'était juste pour me faire peur ? Elle ne m'a jamais répondu. On est rentré en longeant la plage.

Tout est allé si vite d’un coup. Je me souviens comme si c’était hier. Cela ne faisait que deux mois que nous étions ensemble. J’étais dans le salon, assis sur la banquette. Je regardais la télévision. Elle est venue me chercher. Elle a pris ma main et elle m’a emmené dans une chambre. Elle m’a embrasé et elle m’a regardé avec des yeux qui vous disent que nous sommes plus que tous les deux au monde. Que nous nous aimons. Et, elle m’a offert le plus beau des cadeaux qu’un homme peut recevoir d’une femme, sa virginité. Je n’avais jamais fait aussi attention avant ce jour à elle. Elle était si fragile et si belle à la fois. Elle portait un jeans bleu avec un petit haut blanc. Elle n’avait pas peur et elle était heureuse de s’offrir à moi. Je me souviens l’avoir dévêtu le plus lentement possible, de lui offrir le plus de tendresse possible et d’essayer de cacher ma peur de lui faire mal. On a fait l’amour pour la première fois ensemble. Je suis allé doucement avec la peur de lui faire mal à mes moindre mouvements. Mes yeux étaient fixés sur toutes les grimaces que faisait son visage. On s’est endormi nu. Je ne me souviens plus de l’heure. J’ai dormi sur le dos. Elle s’est blottie contre moi, sa tête sur mon épaule gauche. On s’est réveillé. Je ne me souviens plus de ce dimanche. Je n’ai gardé en moi que le bonheur de ce samedi.

Ce week-end magique restera gravé dans ma mémoire à jamais. Depuis ce jour, enfin cette soirée magique, j’ai su que je voulais vivre avec elle le reste de ma vie. Il s’est passé quelque chose qui m’a fait comprendre que tout commence. Que ma vie d’adulte débute. Pourtant j'avais connu des femmes avant elle mais, cette fois ci, c'était différent. Je ne serais comment l'expliquer.

Le mois de juillet ne fut pas aussi joyeux que le mois de juin. Elle est partie travailler en Allemagne dans une garderie pendant trois longues semaines. A son retour, nos retrouvailles nous ont rapprochés. Je me souviens de ce jour. J’ai passé la journée à l’écouter, à la regarder. Elle m'a montré les photographies qu'elle avait prise de l'Allemagne. Mais qu’est ce qu’elle est belle. J'ai passé plus de temps à la regarder qu'à regarder ses photographies. On a repris nos petites activités d'avant son départ. On a fait des petits pique-niques. On a passé des journées à Pornichet et des week-ends avec ses amis. On commençait à avoir une petite routine qui n’était pas désagréable. Le mois d’août, on est parti une semaine à Damgan. On a rejoins mes parents dans un camping. Ce fut une petite semaine sympathique au bord de la mer. On a passé nos journées à se prélasser sur la plage et nos soirée à se promener sur le bord de mer ou dans notre petit tente. Que vous dire de plus que nous vivions heureux et que nous profitions des nos petits bonheur quotidien d'être tous les deux.

En octobre 1998, je suis parti en école militaire à Tulle, en Corèse. Elle faisait ses études sur Bordeaux depuis mi septembre. Je me souviens que je suis parti avec elle vivre dans son petit studio d’étudiant avant d’aller dans mon école. Elle voulait devenir médecin, enfin presque médecin, je ne sais plus comment cela s’appelle. Je crois que c’était psychomotricienne mais j’ai un doute. Elle faisait une préparation à un concours. On s’est vu tous les week-ends pendant que j’étais dans cette école. Enfin quand j’avais l’autorisation de partir en week-end. Je me souviens de toutes nos balades dans les parcs et les jardins publics de bordeaux, dans les rues, à la patinoire et dans le centre ville. On a fait comme à Nantes. On a profité de nos petits plaisirs quotidiens d'être l'un avec l'autre. J’ai dégusté chaque moment, chaque seconde passé à ses côtés. Non pas en pensant que cela serait la dernière seconde mais en pensant que chaque seconde est une éternité. Ce fut un délice d’être en sa compagnie. Comment expliquer ce qu’on peut ressentir d’être aussi épris d’une personne. Je pense que nous l’avons tous été un jour.

Je me souviens aussi de certaines anecdotes assez amusantes. On n’avait pas de voiture. On est allé faire des courses en prenant les transports en commun, une des premières fois. On a eu un mal fou à s’y retrouver mais avec beaucoup de courage, on est arrivé au centre commercial. On est reparti les bras chargés non pas par des denrées alimentaires, ni des produits d’entretien mais avec une grande chaine HI-FI. Il a fallu reprendre le bus. Je me souviens que ce soir là, je me suis écroulé sur le lit et je me suis endormi sans manger. Je me suis réveillé que le lendemain sous la couette en caleçon. Elle avait retiré mes vêtements en prenant soin de ne pas me réveiller sauf quand le petit déjeuné était prêt par un de ses délicats baisers. Elle était si gentille et si douce.

Je me souviens aussi d’un soir, j’avais mal à une dent. Elle a téléphoné aux urgences pour connaître le dentiste de gardes. Elle a téléphoné à un taxi qu’elle a payé. Le dentiste m’a soigné et elle a fait de même pour le retour. Elle était adorable. Je ne pense pas que sa gentillesse puisse avoir des limites.

Je me souviens également, que je lui ai fait souvent de la peine. Des larmes ont coulées sur ses joues. C’est mon pire souvenir d’elle. Comment ai-je pu la faire souffrir ? En plus, je ne me souviens même plus pourquoi on s’est rouspété. Ah si, je me souviens, mais que suis-je con ! Comment ai-je pu faire souffrir l’être que j’aime ?

Décembre 1998, à la fin de mon école, je suis parti travailler à Bourges, dans le Cher. Là, elle a continué ses études sur Bordeaux. A la fin de son année scolaire, elle a dû passer des concours d’entrée dans les villes de Lyon, Toulouse, Paris et Lille. Je ne me souviens plus s’il y avait une autre. On partait sur deux jours. Je me suis toujours arrangé pour avoir mes week-ends afin de l’accompagner. Mais mon soutient n’a pas suffit pour qu’elle puisse avoir son concours d’entrée. Faut dire qu’il devait avoir entre 500 et 5 000 candidats pour une cinquantaine de places. C’est dur. On a passé quand même des bons moments dans ces villes et dans les hôtels. Elle avait toujours du mal à dormir à cause du stress de l'examen mais surtout à cause du stress du trajet pour se rendre au centre d'examen.

Pendant notre passage à Paris, après ses examens, on est resté quelques jours de plus. Elle m’a fait visiter notre capitale. Entre les monuments et nos petites balades sur les plus belles avenues et proches des plus beaux monuments, je garde en mémoire surtout sa facilité à se déplacer dans cette capitale. Elle me guidait dans le métro comme si elle avait habité Paris. Elle m’a surpris et j’ai su profiter de ces moments de balades sans avoir le stress de me perdre dans la ville lumière.

Pendant les vacances d’été de l’année 1999, elle m’a fait découvrir la plus belle activité que j’ignorais jusqu’à là. La randonnée en montagne. Depuis ces vacances là, je n’ai souhaité que partir en randonnée en montagne mais que l’été. L’hiver, il fait trop froid et les montagnes toutes blanches sans leurs jolies couleurs de l'été, ce n’est pas aussi majestueux. Merci pour ces merveilleux moments.

Je me souviens de nos premières vacances à Rocamadour. On est parti en train avec nos sacs de randonnées sur le dos. On a failli le rater ce train d'ailleurs. On est arrivé à la gare de Rocamadour dans l’après midi. Il faisait très chaud et on a du marcher au moins 10 kilomètres pour arriver à la ville. Je me souviens qu’il n’y avait pas d’ombres et qu’on a souffert sur la route. Mais notre bonheur d’arriver à notre camping a été notre récompense. Pas le temps de se reposer, on a vite monté la canadienne et on est allé faire des courses à la supérette du centre ville, et oui, toujours à pieds. On a fait toutes les activités qu’on avait prévu et on a du faire au moins 50 kilomètres à pieds en 07 jours. D’ailleurs cette semaine restera aussi longtemps dans ma mémoire qu'elle me le permettra. Quel beau souvenir m’as-tu encore offert cette année là. Je me souviens que tu étais contente. Tu avais perdu deux kilos avec la marche et que ton corps avait bronzé. Tu étais jolie même sans bronzage et sans perdre ces deux kilos. L’année suivante, tu m’as fait découvrir l’Auvergne, très jolie balade dans le plus petit massif montagneux de notre pays. Cette fois ci, on avait sa voiture, une Peugeot 106 blanche dont je pourrais dire l’immatriculation car je la connais par cœur. Après l’Auvergne, j’ai eu le droit aux alpes et aux magnifiques Pyrénées à Saint Lary Soulans. Ce qui fait que j’ai vu tous les massifs montagneux de notre belle FRANCE. Vous allez me dire et les Vosges ? Oui les Vosges, on y est allé aussi car une partie de sa famille y habite.

L’année scolaire suivante, elle est revenue faire ces études sur Nantes. Elle n’a pas été prise dans aucune des écoles de psychomotricienne. C’est bien dommage car elle le méritait. Maintenant, elle voulait devenir préparatrice en pharmacie mais sans grande conviction. Elle n'était plus très motivée par ces études. Elle méritait mieux. Notre amour l’un pour l’autre n’a pas été remis en cause. Elle est venue pendant toutes ses vacances scolaires, pendant tous ses week-ends. J’ai fait de même. Nos vies étaient liées et rien ne pouvaient nous toucher. Du moment qu’on était ensemble. C’était notre bonheur. C’était notre histoire. C'était notre plus belle histoire d'amour à tous les deux.

D’ailleurs, j’ai aussi quelques petites anecdotes à Bourges. Alors qu’on allait à pieds au centre commercial par une chaude journée d’été. Ce dernier se trouvait à 10 minutes de mon lieu d'habitation. Elle s’est mise à crier et à avoir des larmes aux yeux. Elle m’a dit qu’elle avait mal à son pied. J’ai regardé et j’ai vu un dard planté. Je l’ai portée sur mon dos jusqu’à l’accueil du centre commercial. L'hôtesse d’accueil l’a gentiment soignée. Ma pauvre petite femme, tu te souviens de cette journée ? Je pense que oui… Après quelques jours, on en a bien rit. D’ailleurs, aujourd’hui, moi, j’en souris encore.

Il y a eu aussi toutes nos balades autour du lac du val d’Auron. Et ces nuits passées sur une couverture, allongés, à regarder les étoiles, proche de ce lac. Tu étais dans mes bras. Ces longs moments sont restés dans ma mémoire. On était si paisible. Rien ne pouvait pas nous toucher. Et ce fameux hiver. Le lac a gelé. Je l'ai prise en photographie alors qu’elle se tenait debout sur le lac. Ensuite, il y a eu cette bataille de boules de neiges qui a malheureusement mal tourné. Sans le faire exprès, je lui ai envoyé une boule de neige sur son visage. Les montants de ses lunettes se sont brisés. Pour la première fois, elle était vraiment furieuse. C'était bien la première fois et la dernière fois que je l'ai vu en colère.

Après les vacances de noël, je me suis retrouvé à Ancenis dans la Loire Atlantique. Oui encore pour le travail. Nous sommes en l’an 2000, la fin d’un siècle.

Elle est venue encore aussi souvent qu’elle a pu. Elle a même passé des nuits entières avec moi alors que mon statut ne nous le permettait pas. Cela était interdit d’accueillir sa compagne pour la nuit dans l’enceinte d’une caserne militaire avec mon grade que j’avais à l’époque. Mon supérieur ne voulait pas me donner cette permission contrairement à celui de Bourges. Donc, on prenait quand même le risque, et, pendant ces quelques mois passés sur Ancenis, personne ne nous a surpris. Elle se levait très tôt pour repartir sur Nantes. Elle avait au moins 30 minutes de trajets. Et ça, elle le faisait pour être avec moi sans jamais me le reprocher. En plus, souvent, la nuit, je partais travailler. Je la réveillais deux fois, en partant et en revenant de patrouilles. Elle ne s’est jamais plainte. Je l’admire pour ça. Moi, je n’aurais pas pu supporter autant de fois qu’on me réveille la nuit. Peut-il exister une personne aussi gentille et aussi proche de son compagnon ? Je ne pense pas.

L'été de cette année là, comme je vous l’ai déjà dit, nous sommes partis en vacances une semaine dans le massif central que nous avons traversé du nord au sud. Nous avons profité de notre semaine à être, enfin, uniquement, que tous les deux, tous les jours. Enfin, nous nous évadons des résidences de nos parents. Enfin, nous vivons comme un couple. Un couple qui s'enfuit pour vivre leur amour. Pour finir cette semaine de vacances, nous sommes allés voir sa sœur qui préparait un festival en Auvergne, à Aurillac. Ensuite, nos vacances finis, nous retournons chez nous, en Loire Atlantique. Chacun de son côté, moi, dans ma caserne, elle, chez ses parents. Nous avons fait beaucoup de randonnée sur les volcans. Encore de nombreux souvenirs agréables me restent en mémoire. Je ne pourrais vous les écrire. Comment écrire un paysage si merveilleux. On se sent petit dans notre monde mais quand on regarde l'être aimé, on sent un sentiment encore plus fort pour lui et on se dit on a beau être petit mais on peut être grand pour certaines personnes qui nous entourent.

A Ancenis, comment ne pas oublier cette ville. Nos vies allaient basculer une dernière fois. J’étais en week-end et nous étions chez ses parents. On se préparait pour aller chez des amis le soir. On discutait de nous et on se demandait pourquoi on devait subir le rythme de vie de nos parents et pas le notre. Après une petite discussion, nos vies allaient se mélanger une bonne fois pour toute. On a décidé de prendre un appartement en commun. Au début de la soirée, on a annoncé notre décision à nos amis. Ils étaient ravis pour nous. Ils nous voyaient tous déjà se marier et fonder une famille. On se regardait tous les deux. Je me suis perdu dans son regard ce soir là. Comment serait ce possible de ne pas aimer ce petit bout de femme qui déborde d’énergie et qui me donne tant d’amour, tant de bonheur ? Il faudrait vraiment que je sois fou pour ne plus l’aimer. Dès le lendemain, on a pris le journal des annonces immobilières et on en a sélectionnée quelques unes.

On a eu un rendez vous pour visiter un appartement. C’était notre premier appel et notre première visite. On s’est déplacé avec ma maman car on ne voulait pas se faire embobiner par l’agent immobilier. On a eu un coup de cœur. L’appartement qu’on a choisi avait un salon chambre avec un sol en parquet ciré, une cuisine et une salle de bain. Il se trouvait rue de la ferrière à Orvault. Le tramway passait juste à côté de chez nous. On était à 15 minutes du centre ville de Nantes et on avait toutes les boutiques juste à côté de chez nous. Notre amour n’a pas connu plus grand bonheur. On a même eu le droit de retapisser le salon avec l'accord de la propriétaire, une charmante personne d'ailleurs. On a emménagé dans notre petit nid d’amour en septembre 2000.

Notre vie de couple s’épanouissait. J’avais l’impression de commencer une nouvelle histoire d’amour. J’étais toujours sur Ancenis. Je rentrais aussi souvent que mon travail me le permettais. Je prenais le train très tôt le matin et tard le soir pour être avec celle que j’aime. Elle était ma vie. Elle était mon bonheur. Elle était celle qui me complétait. Un nouveau rythme de vie s’était instauré entre elle et moi ainsi qu’une nouvelle routine encore plus épanouissante que la première.

Décembre 2000, on est parti en Tunisie fêter le nouvel an. On est parti avec ses parents et sa grande sœur, son époux et sa petite sœur. Oui ses parents ont eu 5 enfants. Elle était celle du milieu. Elle avait deux grandes sœurs, un petit frère et une petite sœur. Le voyage en Tunisie était magnifique entre les balades en dromadaire dans le désert, la découverte du village de STAR WARS et des superbes paysages, le temps est passé vite. On a fait 5 jours de balades en voiture pour voyager dans la Tunisie et voir beaucoup de lieu touristique. Ensuite on est revenu dans notre hôtel. On a profité de la piscine chauffé, des massages et des animations. On était bien mais on a profité peu de l’un de l’autre.

La seule chose que je regretterais dans ce voyage, c’est qu’on était avec ces parents. J’aime ses parents mais on avait nos petites habitudes, notre petite vie. Il a fallu qu’on l’adapte à eux sans faire de compromis. J’aurais aimé aussi qu’ils s’adaptent un peu à nous, à notre vie de couple. On est revenu chez nous et notre petite vie a continué. On commençait à avoir nos repères l’un avec l’autre. On essayait de combler nos envies par de petit bonheur. On a pris une routine qui nous convenait à tous les deux. L’ennuie n’était jamais présent et même si on n’avait rien à faire, on allait toujours se promener sans savoir où on allait.

Quelques années passèrent. On a continué à vivre dans notre petite routine.

Je me suis rapproché à 10 minutes de notre appartement suite à une nouvelle mutation. Je travaille maintenant sur Sautron. Nous sommes au mois de septembre 2002.

On a prévu de passer un week-end à Eurodisney pour le début du mois de novembre. En plus, elle m’a demandé si elle pouvait arrêter sa contraception car elle se sentait prête à devenir maman et à me donner un enfant. Ma réponse a été un grand oui. Cela faisait un petit moment que j’y pensais sans jamais oser lui en parler. Cela fut un soulagement qu’elle me le dise mais aussi un grand bonheur de pouvoir être le père de ses enfants. Sans vraiment chercher à avoir des enfants, notre vie a continué son cours.

Novembre 2002, on partait de Nantes pour aller rendre visite à mickey dans son parc d’attraction proche de Paris. J’étais plus exciter que les enfants dans le train. On arrive sur place. La journée, on a fait tous les manèges dans l’ordre qu'elle avait choisi. On a bien rigolé surtout dans space mountain. Tu te souviens aussi du grand monsieur qui t’a fait peur dans la maison hanté ? Mais si, celui qui se trouvait dans l’ascenseur. Moi, je me souviens. Surtout de la douleur dans mon bras droit quand tu l’as serré. Et de la parade nocturne ? Tu t’en souviens ? Moi non plus, il a plu et on a rien vu. Elle a été annulée. Elle a été belle la parade féerique nocturne. On est rentré dans notre hôtel tout trempé. On avait froid. Nos vêtements étaient imbibés d’eau. Pour se réchauffer, on a pris une douche ensemble et on a finit de se sécher sous les draps. On a très peu dormi cette nuit là à cause de notre activité nocturne de couple. Le lendemain, le soleil était revenu. On a fini notre parc et on a repris le train direction notre petit appartement. On a pris des souvenirs pour les membres de nos familles et des photographies pour nous. Je les regarde encore des fois. Tu avais toujours le sourire. Cette joie de vivre, tu me l’as communiquée tous les jours et depuis elle est en moi. Je ne peux m'empêcher de tout prendre avec le sourire quelque soit l'événement.

Noël et le jour de l’an passé, elle m’a semblé changer mais je ne sais pas pourquoi. Je me souviens ce que tu m’as offert pour noël, un short du club de football que je supporte, un tube de flocon de savon pour le bain et un livre de mon écrivain préféré que je souhaitais depuis longtemps. Moi, je t’ai offert une montre. Une simple montre. Si j’avais su, je t’aurais offert la lune pour le noël de l’année 2002.

Début janvier 2003, vers le 06, on mangeait une galette des rois avec une bouteille de cidre. Les larmes aux yeux, elle m’a annoncé qu’elle était enceinte de deux mois. Cette phrase est venue dans mon oreille. Elle a bercé ma journée et le reste de cette année. Je l’ai prise dans mes bras. Je l’ai soulevé du sol et mes lèvres sont allées toucher les siennes. Je l’ai reposé et je me suis mis à genou. J’ai soulevé le bas de son pull et de son tee-shirt. J’ai regardé son ventre et j’ai collé ma tête dessus. Je me souviens que pour la première fois, je t’ai dit que je t’aimais avec les larmes aux yeux. On a fait notre bébé chez mickey. Comment oublier cette anecdote, elle sera aussi magique que notre enfant. Je pense que ce jour restera aussi longtemps dans ma mémoire tant que celle-ci me le permettra. Nos vies allaient connaître un grand changement. Il fallait aussi changer d’appartement. Oui notre famille s’agrandie, on a besoin de plus d’espace.

Le mariage. Fallait penser au mariage car avoir un enfant sans se marier dans sa famille était considérer comme un pécher. Nous réfléchissions à une date. Le temps passe et son ventre s'arrondit. Je ne souhaite pas encore connaître le sexe de mon enfant non pas avant le dernier mois de grossesse. Je veux en avoir la surprise, enfin presque.

Le 14 février 2003, on est allé manger sur les bateaux nantais. Il s’agit d’un dîné sur un bateau qui navigue sur l’Erdre. Pendant le repas, on peut voir les châteaux. L’apéritif est passé, l’entrée est mangé et le plat principal aussi. Mon cœur bat de plus en plus fort. Je commence à transpirer et à avoir les mains moites. Tu as remarqué que je n’allais pas bien et tu as pensé que j’étais malade. Je me souviens de t’avoir dit que j’étais malade mais pas de la façon dont tu le pensais. Enfin, la serveuse arrive avec le seau à glace et le champagne. Les musiciens jouent ta chanson préférée, puisque tu pars de Jean Jacques GOLDMAN. Je me suis levé et je t’ai rejoins te de ton côté de table. J’ai mis un genou à terre et là, j’ai pris une bonne inspiration. J’ai regardé ton regard. J’ai bien vu que tu savais ce que j’allais te demander. J’ai vu tes larmes couler sur ton visage avant que je puisse te dire ce que j’avais à te demander. Mais tu n’as rien dit. Je t’ai dit : « Mon amour, je t’aime. Je t aime aujourd’hui, cela sera pareil demain et après demain et ainsi de suite jusqu'au jour où je partirai vers le paradis. Si je t’aime, c’est parce que chaque jour qui passe est un nouveau jour au près de toi. Chaque nouveau jour est une nouvelle histoire qui débute au près de toi. Tu es comme un livre qui ne se termine jamais. On a beau tourner les pages mais de nouvelles apparaissent et ainsi de suite. Ce livre n’a pas de fin et n’en aura jamais. Tu remplies ma vie par la tienne. Je ressens tout ce que tu ressens, tes joies comme tes tristesses, ta fierté comme ta timidité, ton bonheur comme ton malheur. Je serais à tes côtés tous les jours de ma vie et tant que tu resteras au près de moi, aucun mal ne pourra t'arriver, je te le promets. Et ce soir, devant les personnes présentent sur ce bateau qui nous regardent. Enfin qui me regarde, là, avec un genou à terre, j’ai l’air d’un idiot devant la plus belle femme à mes yeux. Donc devant eux, j’ai l’immense privilège et l’immense honneur de te demander ta main. Veux-tu devenir ma femme pour le restant de tes jours ? Pourquoi cette demande ? Je te le demande parce que je t’aime et que je ne vois pas ma vie future sans toi. Je vais faire des jaloux et des malheureux si tu acceptes, mais moi, je serais combler de vieillir à tes côtés et j’essayerai d’être un époux toujours présent pour toi. » A ce moment, je t’ai tendu une boîte contenant une bague. Cette dernière avait une opale au dessus. Elle était tenue par deux dauphins. Tu l’as prise et tu l’as mise dans ma main. Tu m'a tendu ta main gauche en prenant soin d’écarter tes doigts. Tu m’as dit oui. J’ai mis la bague à ton annulaire. Les autres passagers applaudissaient. Le commandant du bateau est venu nous voir et nous a dit qu’il nous offrait la bouteille de champagne qu’il avait en main. On est rentré en taxi ce soir là. Mais quelle importance. J’allais devenir son mari et elle, ma femme. Je lui ai murmuré à l’oreille une promesse. Je lui ai dit que je serais toujours là pour elle quoi qu’il arrive et que j’essayerai de la rendre heureuse. Après avoir fait l’amour avec elle, je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. J’étais trop heureux pour dormir. J’allais devenir papa et mari dans l’année qui allait s’écouler. On ne voulait pas décider de la date du mariage avant la naissance de notre enfant. Il valait mieux qu’elle accouche pour avoir une belle robe de marier. Pour moi, cela n’avait guère d’importance mais pas pour elle. Donc, on allait attendre.

Mai 2003, le 18 pour être précis, mon commandant de brigade me demande si je peux remplacer un de mes collègues malade pour le lendemain, il était 17 heures 45. J’ai répondu oui.

J’ai annoncé que je pars à la caserne demain matin pour travailler. En contre parti, j’aurais un jour de plus en week-end. Donc un jour de travail pour un jour de récupération. C’est plus que valable. J’allais avoir un week-end de trois jours. Je lui ai donc dit que je prends la voiture pour y aller. Elle me sourit et me dit que ce n’est pas grave. On devait aller voir son gynécologue pour une échographie. Ce dernier se trouve à 5 minutes à pieds de chez nous, juste deux rues à traverser. J’étais un peu triste de ne pas pouvoir aller mais je gardais encore secret le sexe de notre enfant et comme çà, la tentation de savoir sera moins forte si je ne suis pas là. Et puis, on allait passait notre mardi jusqu’au jeudi ensemble car elle était en vacances.

Lundi 19 mai 2003, je suis en patrouille, il est 15 heures 20. Je commence un peu à stresser car le rendez vous était à 14 heures. Elle devait m’appeler dès en sortant. Le gynécologue doit encore avoir une urgence. Le téléphone portable de service sonne. Je décroche. Mon commandant de brigade demande qu’on rentre à l’unité. Mon cœur bat de plus en plus fort. Un doute m'envahit…

Dans les locaux, il demande à me voir dans son bureau. Il ferme la porte. Son visage est fermé. Il me dit sur un ton calme mais avec une voix tremblante de m’asseoir mais qu’avant, je devais lui remette mon ceinturon avec mon armement. Mais que se passe-t-il ? Ai-je fais quelques choses de mal ? Il sécurise mon arme et la stocke avec le ceinturon dans la chambre forte. Il s’assoie à son tour. Il me regarde puis baisse ses yeux. Il me parle d’elle. Mes poings se serrent. Ma gorge se sert aussi. Des larmes s’échappent des mes yeux et viennent mourir sur ma chemise bleue. Plus un son ne sort de ma bouche. Mes forces me quittent. Je ne comprends pas ce qu’il m’arrive. Pourquoi elle a fait ça ? Mais qu’est ce qui s’est passé ? Il m’emmène au centre hospitalier universitaire de Nantes. Je ne passe pas par l’accueil ni par les urgences mais directement par la morgue. Là, je vois son corps, allongé sur cette table grise avec un drap juste en dessous d’elle pour les séparer et un autre au dessus d’elle. Seul son visage est visible. Je l’a regarde. Ses yeux sont fermés et son visage est encore ensanglanté. Je m’effondre sur sur ventre, et toutes larmes que j’ai versées ne me la ramèneront pas. Je sens la main de mon collègue sur mon épaule mais cela ne me calme pas. Je souffre et je ne comprends toujours rien. Qu’est il arrivé ? Pourquoi elle ? Pourquoi nous ? Un médecin est venu me chercher une heure plus tard. Il me dit que ma fille qu’ils ont pu sauver ma fille et qu’elle est sous couveuse mais qu’il y a peu de chance qu’elle vive. C’est une fille. Je suis le papa d’une petite fille. Je suis pris entre deux sentiments, la souffrance d’avoir perdu ma femme et le bonheur d’être père. Je suis confus et j’ai honte d’avoir un léger sourire en me rendant au près d’elle. Il m’accompagne dans le service où elle se trouve. Je suis resté à ses côtés toute la nuit. Elle était là toute fripée, toute fragile avec des tuyaux partout. Je suis restée au près d’elle sans dormir. Ils ont bien voulu que je reste. Mais cela n’a pas suffit non plus pour la sauver. Il était 06 heures quand elle est partie rejoindre sa maman. Je l’ai prise dans mes bras une fois qu’ils ont arrêté de s’acharner sur son corps et je l’ai serrée contre mon torse, contre mon cœur. Ce petit corps sans vie est ma fille. Je n’ai pas pu lui donner de l’amour mais pourtant je l’aime. Laissez-moi juste une fois lui dire que son papa l’aime. Laissez-moi juste une fois lui montrer que je l’aime. C’est ma fille, mon ange. Mais elle est déjà partie. La douleur me paralyse tout mon corps. Je veux crier mais aucun son ne sort de ma bouche. Seules mes larmes coulent dans un silence le plus total. Impuissant. Ma petite fille, ton papa a été incapable d’être là pour toi comme il a été incapable de tenir sa promesse pour ta maman. J’en suis désolé. Un médecin me demande de lui donner un prénom pour le certificat de décès. On n’avait pas décidé. On n’avait pas encore parlé des prénoms… le soleil vient juste de se lever et éclaire légèrement le visage de ma fille qui est dans mes bras. Je réponds Aurore… Tout comme le soleil, le matin, quand il se lève… Une infirmière vient vers moi et me prends Aurore des bras. Une de ses collègues vient vers moi et me propose de l’accompagner. On m’a donné des médicaments. Je ne comprends toujours pas ce qu’il s’est passé, ce qui est arrivé.

Une voiture roule avec à son bord un homme qui a bu un peu trop. Une jeune femme voit le bonhomme vert s’allumer au passage piéton. Elle avance. La voiture avance toujours et un peu plus vite que la vitesse autorisée, sa famille l’attend. Elle arrive quasiment à la moitié du passage piéton. La voiture roule toujours à la même vitesse alors que le feu, pour elle, est au rouge. Il percute la jeune femme qui est projetée à 15 mètres du point de choc. Elle retombe sur le côté et sa tête vient percuter le sol. La voiture s’arrête. Les autres voitures aussi. Les pompiers arrivent. Le SAMU aussi. Il maintienne la jeune femme en vie artificiellement. Les pompiers partent avec elle à l’hôpital. Tout le monde repart. Les médecins des urgences, devant l’état critique de la jeune femme ne peuvent que sauver le bébé qu’elle porte. Sa vie basculera à trépas à 14 heures 47.

La mienne a basculé dans l’enfer. Je vis avec leurs fantômes tous les jours. Je ferme les yeux et j’essaye d’entendre la voix de ma bien aimée. Sa voix si douce disparue à jamais. Disparue pour un verre d’alcool de plus. Ce monsieur, père de deux enfants et marié, préfère ne pas s’arrêter de boire ce verre de plus. Ce conducteur ne s’arrêtera pas non plus quand elle a traversé. Ce conducteur qui a bu un verre de rouge de trop n’a pas vu le feu rouge. Ce mari m’a enlevé ma fiancée. Ce père de deux enfants a tué le mien sans qu’il puisse voir le jour. Je souffre de leurs absences tous les jours ainsi que sa famille. Sa famille a souffert six mois sans le voir. Six mois de prisons pour deux vies supprimées. Six mois de douleur pour sa famille, une éternité pour nous …

Plusieurs moments quotidiens de notre vie me manquent depuis ce jour. Hier, je me suis couché, pour la première fois, seul, dans notre lit. Je me suis couché en sachant que plus jamais tu ne serais avec moi dans ce lit. Je me souviens que tu trouvais chaque soir mon épaule pour blottir ta tête contre moi. Tu mettais ta tête sur mon épaule gauche chaque soir. Mais mon cœur t’empêchait de dormir comme tous les soirs, alors tu venais sur celle de droite. Comme tu étais frileuse et que mon épaule ne te suffisait pas, tu venais contre moi. Ta main toujours chaude venait sur mon corps. Ta jambe droite venait sur les miennes. Je sentais tes pieds glacés venir prendre la chaleur de mes jambes. Ce soir, j’aurais aimé les ressentir. Pour une fois, je n’aurais pas rouspéter. J’aimais te passer ma main sur ton visage pour écarter tes cheveux et te voir dormir. Tu étais si paisible et tu avais toujours ton petit sourire. Je sais qu’aujourd’hui je vais devoir vivre sans jamais le revoir. Il va falloir que j’oublie ses moments.

Ce matin, je suis allé me promener seul dans notre jardin public près de chez nous. Après quelques minutes de marche, je suis renté dans notre appartement les larmes aux yeux. A ce moment, j’ai attendu que tu viennes de blottir contre moi comme à chaque fois. Mais tu n'es pas venue et je me suis souvenu que plus jamais tu viendrais dans mes bras. J’aurais aimé te prendre encore une fois dans mes bras et ressentir tes petites mains froide se glisser son mon pull et parcourir la chair chaude de mon dos. J’aimais bien sentir les frissons envahir mon corps.

J’aurais aussi être plus souvent présent pendant tes tristesses. J’aurais aimé te donner mon épaule plus souvent quand tu pleurais. Mais ces jours là, c’est moi qui te faisais pleurer pour des petits détails. Je ne sais pas comment on peut être aussi stupide. Je ne pourrais jamais me faire pardonner au près de toi. Je ne peux qu’espérer que tu l’as déjà fait mais là, je crois que cela n’est pas possible.

Le jour te l’enterrement de ma fiancée a eu lieu un jour avant celle de notre fille. Tous mes amis étaient présents en plus de ma famille et de ma belle famille. J’ai demandé au prête de mettre sa chanson pour lui dire adieu.

Le lendemain, à l’église, mes amis et me famille sont revenus mais pas ma belle famille. Elle n’a pas accepté de reconnaître l’enfant qu’elle portait. Ma souffrance était encore plus grande. A la fin de la messe, je suis allé poser une question au prêtre. Je lui ai dit : « Je suis désolé mais je ne suis pas croyant contrairement à ma fiancée. Mais pouvez vous me répondre s’il vous plaît, pensez vous que ma fille à rejoins sa mère au paradis ? ». Il m’a répondu «  mon fils, tous les enfants que Dieu rappelle près de lui sont des anges. Votre fille est partie rejoindre sa mère au paradis. Toutes les deux sont au près de notre seigneur et veilleront à jamais sur vous ». En entendant ces paroles je me suis senti rassuré mais j’ai craqué. Je ne savais pas qu’on pouvait souffrir autant, nous les humains.

Isabelle, Aurore, mes deux anges, ces mots sont pour vous : je vous aime et vous me manquez. Il ne se passe pas une journée sans que je pense à vous. Il ne se passe pas une journée que j’ai de libre sans que je passe vous voir. Voir une photo sur une pierre. Pour toi Isabelle, voici un bouquet de fleurs, tes préférés, des roses rouges, malheureusement éphémères comme ta vie. Pour toi, ma petite Aurore, voici une peluche, Bambi, je suis sûr que tu l’aurais aimé, amuse toi ma petite fille au paradis avec ta maman. Pardonne à ta belle famille de t’ignorer. Vous resterez toutes les deux mes plus beaux amours. Ma plus belle histoire… Je m’éloigne et je me dirige vers la sortie… Je me retourne une dernière fois… il n’y a plus personne dans le cimetière… Mais où est passée la peluche ?

FIN

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Il y a des textes qui vous empoignent l'âme et vous secouent le cœur. Merci.