Ecrivain en herbe

NOUNOURS

Petit, fragile et pourtant si fort, tu es depuis toujours le compagnon de mes instants les plus gais, comme des plus tristes. Tu es celui qui comprenait mes douleurs, qui partageait mes angoisses, qui riait avec moi et m’encourageait quand je peinais. 


Assis bien sagement à la tête de mon lit, tu me regardais. Tes yeux brillants pétillaient, comme si ils voulaient me dire « Je serais toujours là, ne t’inquiètes pas ». Et ce fut le cas.  Enfant, je te parlais, je t’accueillais près de moi, sous mes draps froids, et tu me réchauffais, blotti contre moi. Je te racontais ma journée et tu ouvrais aussi grand que possible tes oreilles toutes rondes, avec intérêt.


Il n’y avait pas de sujet que je ne pouvais aborder avec toi. Tu étais là, attentif et compatissant. Tu étais mon confident, celui avec qui je partageais les mauvaises notes avant de les montrer aux parents ; celui avec qui je plaisantais en lui disant une anecdote de ma journée. Tes petits yeux ronds me renvoyaient alors une âme bienfaisante, celle qui calme autant que s’émeut. Tu m’as toujours tranquillisée, tu m’as apporté ta douceur et ton sourire immuable.
Je t’aime mon petit nounours. 


Tu es depuis un demi-siècle le petit protecteur de mes nuits. Tu trônes maintenant, comme à ton habitude, sur ma table de chevet, regardant par la fenêtre si aucun être malfaisant ne rôde. Tu es fidèle à ton poste. Parfois, tu réintègres ta place à ma tête de lit, histoire d’être le roi de la fête. 


Je te regarde toutes les fois que mes yeux se posent sur ma petite table, et tes mirettes pleines de vie me renvoient une tendre pensée. Souvent, nul besoin de mots entre nous, un seul clin d’œil suffit pour dire « Tout va très bien ». Et quand je suis morose, que de sombres idées me guettent, alors, je te prends dans mes mains, t’assois sur mes genoux, et te conte mes soucis.  Je caresse ta fourrure devenue râpeuse de tant de gestes d’amour, mais pour moi, tu restes le plus soyeux des amis d’enfance.


J’ai grandi, et toi, miraculeusement, est resté le même. Seule ta toison raréfiée est le témoin d’une existence bien remplie d’affection.


Les années poursuivront leurs cours, les sentiments divers et variés continueront à m’habiter, et je sais que s’il existe un être sur Terre capable de compréhension, ce sera toi, à jamais à l’écoute, tes yeux vivants rivés dans les miens. 


Je t’aime mon Nounours !