Ecrivain en herbe

le poète et la schizophrène5

Lorsque le médecin vit Mohamed, il éprouva une gêne alléguant qu'il désirait s'entretenir seul avec Marie, et surtout qu'il avait tissé une relation de confiance avec sa patiente. Le scandale de Marie qui s'ensuivit fit plier séance tenante les caprices du médecin, de sorte que ce dernier eut à naviguer au sein d'un binôme qui détonnait. Le médecin s'aperçut très vite de l'état dégradé de Marie, lui ordonnant le retour sans délai à l'hôpital psychiatrique. Marie, l'ordonnance en main, remercia le médecin et s'en alla bras dessus bras dessous avec Mohamed.

Marie occupait un petit appartement dans une banlieu. Elle survivait de minima sociaux. L'alcool et les cigarettes absorbaient le petit pécule qu'elle gagnait,  elle se nourrissait très très mal, en revanche elle  s'habillait chic d'une manière excentrique, son corps svelte et bien scuplté était chaque jour une oeuvre d'art. Quant à la situation de Mohamed, elle était désespérée. Sans toit, ni argent, il vivait de la manche, à l'armée du salut, dans des squatts. La quête de son poème absolu lui retirait chaque jour un peu plus de sa substance, il crevait à petit feu.