Ecrivain en herbe

le poète et la schizophrène 15

Un mois, il a suffit d'un mois pour flamber deux cents quarante mille euros. A nouveau dans leur puanteur, dans leur petit appartement de banlieu Marie et Mohamed écoutaient de la musique glauque, balançaient  entre deux voix, l'une disait  overdose, overdose, overdose, l'autre martelait  cure,  cure,  cure... la première semblait plus puissante. Mohamed recherchait une veine encore visible sur son corps tuméfié, il ne restait que la jugulaire, une bonne voie pour l'extase. Marie choisit la cheville gauche.

La mort ne voulait pas d'eux. L'autodestruction devait se pousuivre jusqu'à la lie. Mohamed eut cette fois-ci la révélation du premier vers de son poème absolu qu'il chuchota à  l'oreille de Marie. De son côté, elle lui proposa un jeu quelque peu saugrenu. Comme c'était l'automne, ils sortirent tous les deux, longèrent les trottoirs, ramassèrent des simarres, une dizaine chacun, prirent l'ascenseur jusqu'au dernier étage du bâtiment le plus haut du quartier et lancèrent les simarres. Celui qui s éloignait le plus du bâtiment avait le droit à un enterrement décent, les autres étaient abandonnés.