Ecrivain en herbe

le poète et la schizophrène 17

Peut-être que la rue combinée avec la drogue mène à la mort.

Marie et Mohamed s'étaient trouvés devant la porte fermée de l'agence pour l'emploi. Les rues étaient vides. Qu'allaient-ils faire à l'agence pour l'emploi ? Chercher du travail ? Comme dans un jeu de piste, une pancarte leur indiquait que les bureaux étaient accessibles par derrière le bâtiment. Là, Marie et Mohamed s'aperçurent que la porte était close. Ils décidèrent de rebrousser chemin, quand une personne handicapée moteur, s'avança vers eux avec sa chaise éléctrique et leur conseilla de ne pas abandonner, de poursuivre leur chemin, d'accomplir leur destin. Marie et Mohamed se regardèrent et eurent un sourire. Ils étaient venus quémander une aide, un travail à l'agence pour l'emploi pour survivre et voilà qu'un énergumène sorti de nulle part leur demande de poursuivre leur chemin parce qu'il est plus loin une drogue plus puissante que l'héroïne. La personne de mobilité réduite proposa de les accompagner jusqu'à leur prochaine étape. Marie et Mohamed la suivirent, ils n'avaient plus rien à perdre. Après quatre heures de marches dans le dédale des rues, des rues fantômatiques, la personne à mobilité réduite leur indiqua une porte banale propre aux administrations. Derrière vint une femme qui les invita à entrer. Marie et Mohamed découvrirent une salle de théâtre. Ils assistèrent à une représentation de Roméo et Juliette. Puis la représentation terminée, la femme qui leur avait ouvert la porte d'entrée, leur conseilla de quitter la salle par l'issue de secours. Là, Marie et Mohamed se trouvèrent à nouveau dans un labirhynte de rues, de ruelles fantômatiques. Ils rencontrèrent à nouveau l'handicapé moteur mais sans sa chaise, droit comme un i et bien portant. Il leur confia qu'il s'appelait Protée et qu'il représentait la catégorie la plus faible dans le mensonge, et qu'ils devaient poursuivre leur destinée pour rencontrer la reine des illusions.

Marie et Mohamed commencèrent à avoir des doutes, à avoir peur. Ils tentèrent de rebrousser chemin, de  revenir dans le théâtre. Malheureusement il fut impossible pour eux d'identifier la moindre rue, le moindre détail qui pût les mener au théâtre. Assis sur le banc d'un jardin public, dépourvus de sensation, et cette nuit sans fin, ils se demandaient s'ils n'étaient pas mort.

Collés l'un contre l'autre, ils s'embrassèrent, reprirent chemin, tissèrent leur fils d'Ariane avec des marquages sur les murs, et finirent par sortir du labirynthe. Là, ils rencontrèrent un ermite.