Ecrivain en herbe

le poète et la schizophrène 18

L'ermite excréait la ville, il habitait dans la montagne, loin des vacarmes, dans une grotte paisible à la manière de Robinson Crusoé, isolé du monde. Il semblait être authentique, proche de la vérité nue de la vie. Il invita Marie et Mohamed dans son humble demeure. Comment peut-on vivre de la sorte au vingt et unième siècle se demandaient Marie et Mohamed. En tout état de cause, ils le suivirent avec toutefois un regard méfiant.

Arrivés à la grotte, il se présenta comme le dernier chercheur d'illusions. Sa grotte regorgeait de livres, de grimoires, de vieux manuscrits. La grotte se prolongeait à l'intérieur de la montagne formant une sorte de tunnel le long duquel étaient  rangés par colonnes horizontales des livres à n'en plus finir. L'érudition de l'ermite égalait cette masse de livres. Il conduisit Marie et Mohamed jusqu'au bout du tunnel. Là il leur montra un livre vierge, immaculé, qui définissait la limite entre  l'illusion faiblarde et l'illusion extatique. L'ermite ne s'était jamais aventuré au-delà de cette limite, l'air devenait irrespirable, la suffocation rendait l'atmosphère intenable.