Ecrivain en herbe

Les « CASSANDRIENS »

Comme il était agréable de partager du temps avec ces êtres si doux, discrets et amicaux. Et combien il était fascinant de les observer, et ce même dans leurs gestes quotidiens les plus anodins, car on devinait aisément chez eux une vie intérieure très riche, à la limite du recueillement, un peu comme ce que l’on pouvait observer sur Terre avec certaines personnes très pieuses ou spirituelles.

Les « CASSANDRIENS » puisque c’est comme cela que nous les nommions n’avaient pas de religion à proprement parler. Ils ne vénéraient en effet aucun dieu ni déesse mais cela ne signifiait nullement, pour autant, qu’ils étaient athées ou agnostiques. Non, ils avaient bien leurs propres croyances mais fort heureusement ils ne les avaient jamais codifiées sous forme de dogmes et d’interdits rigides et absurdes, comme nous avions pu le faire jadis sur Terre.

La spiritualité très forte qui habitait chacune de ces entités et à chaque instant de leur vie nous fascinait littéralement, et nous pouvions presque, à leur contact, la ressentir nous aussi. D’ailleurs, ils refusaient systématiquement de donner un nom à ce qu’ils décrivaient comme étant « une lumière infinie d’amour pur » et ne spéculaient jamais sur sa nature, ses intentions ou son origine. Ils ne la vénéraient pas et ne la représentaient jamais non plus. Ils vivaient tout simplement leur foi de l’intérieur, et à force de les côtoyer on pouvait légitimement penser, sans craindre de se tromper, que cette croyance intuitive et très profonde qui était la leur, était purement et simplement consubstantielle à leur être car ils étaient, à n’en pas douter, des entités très avancés spirituellement.

Et lorsque vint le moment tant redouté où les « CASSANDRIENS » me questionnèrent au sujet de la spiritualité des humains et de quelle façon ils la vivaient sur Terre, j’eus il est vrai un instant d’hésitation avant de finalement leur répondre la vérité, à savoir qu’il fût un temps où les hommes s’entretuèrent pour faire prévaloir la prétendue supériorité de leur religion sur les autres, et où on brûla et assassina sans vergogne les incroyants ainsi que les prétendus hérétiques. Et ces entités étaient bien entendu horrifiés d’entendre pareilles ignominies, et s’empressèrent aussitôt de me faire remarquer la profonde contradiction de ces hommes violents, entre leurs actes barbares et cruels, et la prétendue supériorité de leur foi car ne violaient-ils pas ouvertement et éhontément l‘un des commandement les plus sacrés de leur religion, le fameux « tu ne tueras point ».