Ecrivain en herbe

wasteland

Antonin observait anxieusement le désert à travers le hublot crasseux du sas Nord. La nuit tombait et ça faisait maintenant 2h que l'expédition de réapprovisionnement aurait dû rentrer. Et 2h de retard dans un désert radioactif ça ne signifiait qu'une seule chose : l'équipe extérieure avait eu des ennuis. Evidemment Antonin se faisait rarement de soucis pour les fous furieux qui affrontaient l'extérieur. Sauf que cette fois ci, son frère faisait partie des fous furieux ; il en était même le meneur.

-Sud, ici entrée Nord répondez ! Antonin relâcha le bouton push to talk de la radio et attendit la réponse

-Tom à l'entrée Sud, j'écoute.

-Salut Tom, c'est Antonin. Des nouvelles de l'expédition ?

-Aucune. Je scrute l'horizon depuis 30 min et je ne vois rien d'autre que du sable et de la poussière

-Ok, tiens-moi au courant s'il te plait.

Il reposa le talkie-walkie sur l'étagère, et se plaça à nouveau devant le hublot. Pas besoin de préciser à Tom pourquoi il s'inquiétait. Tout le monde savait qu'une équipe qui ne rentrait pas à l'heure ne revenait généralement jamais.

Quel imbécile cet Etienne ! Ce n'était même pas à son tour de sortir, mais il avait fallu que monsieur se porte volontaire pour remplacer un malade. « C'était son devoir de citoyen du bunker n°7 » disait-il. Son devoir, lui il l'exerçait en travaillant à la Champignonnière. C'était moins épique mais beaucoup plus sûr. Au moins on ne risquait pas de se faire happer la jambe en marchant sur une mine

La radio crépita « J'ai du mouvement ! »

-Qu'est-ce que tu vois ! S'écria Antonin.

-Quelqu’un court vers moi. C'est... attends il fait trop sombre

Ça faisait déjà 2h qu'il patientait. Il était temps d'obtenir des réponses « Qui c'est ?! »

- C'est... c'est ton frère ! Mais qu'est-ce qu'il fabrique tout seul ?

- J'arrive !

Au moins il était vivant. En revanche, si les 5 autres manquaient, c'est qu'il y avait eu du grabuge. Antonin fit le tour de la pièce du regard. Il était seul et c'était son tour de garde mais tant pis ! Il prit la direction du couloir et descendit quatre par quatre les escaliers jusqu'aux quartiers d'habitation. Ici s'entassait les deux -cents âmes qui avaient trouvé refuge au n°7. Un architecte judicieux avait même eu la jugeote de le construire au niveau supérieur, afin d'en faciliter l'évacuation en cas d'incendie Antonin filait à travers les coursives vers le second escalier cent cinquante mètres plus loin pour enfin remonter sur le sas Sud. Il arriva au moment même où Etienne le traversait dans l'autre sens.

-Qu'est-ce que vous avez foutu ! Ça fait plus de deux heures qu'on vous attend ! Et ils sont où les autres ?

Etienne retira précipitamment la cagoule de sa combinaison antiparticules et arracha le respirateur de son visage. Son regard paniqué ne fit que confirmer les soupçons d'Antonin.

Il prit quelques secondes avant de répondre. « Antonin, on a pas beaucoup de temps. Va à l'armurerie chercher deux AK-47. Moi je descends aux sous-sols récupérer des filtres pour les masques. On se retrouve au Nord dans cinq minutes. »

Il s'apprêtait à repartir en courant mais Antonin le retint par le bras. « Hé Ho ! Explique-toi un peu ! Quoi qu'il se soit passé là-bas, tu es en sécurité maintenant. »

-Le bunker est foutu ! Ils étaient cinquante au moins donc les portes du sas vont pas faire long feu. Fais ce que je te dis si tu veux vivre !

Comme pour appuyer ses propos, un lourd bang se fit entendre, et le hublot extérieur du sas vola en éclats. Ils firent tous les trois volte-face pour apercevoir une horde de silhouettes humaines se ruer vers les portes étanches. Etienne ne perdit pas une seconde et parti en courant.

-Dans cinq minutes à l'entrée Nord ! Hurla-t-il alors qu'il disparaissait dans l'escalier.

 

Et voilà, c'est la fin du début de ma nouvelle ! j'attends avec impatience vos critiques !!